Des stéréotypes encore vivaces
Avant même de parler de recrutement, il faut rappeler les idées reçues : la logistique, et surtout le transport routier, sont culturellement associés à la jeunesse, à la force physique, à la souplesse des horaires. Cela nourrit plusieurs préjugés sur l’employabilité des seniors :
- Crainte d’une moindre adaptabilité technologique
- Préjugé sur la capacité à tenir des rythmes particuliers (horaires fractionnés, travail de nuit, etc.)
- Craintes sur la santé, la fatigue, l’accidentologie
Cela se traduit par une sous-représentation des 50 ans et plus dans certains métiers du secteur : seuls 14 % des conducteurs routiers avaient plus de 55 ans en 2019, alors que la moyenne nationale du salariat français dépasse 18 % au même âge (source : Ministère du Travail).
Mais des besoins qui bousculent les habitudes
Depuis 5 ans, cependant, la pénurie force les entreprises à revoir leur approche et à redécouvrir aussi les atouts des seniors :
- L’expérience : Les employeurs notent que les profils expérimentés gèrent mieux le stress, anticipent les imprévus (pannes, incidents de parcours…)
- Moins de turnover : Les seniors sont réputés plus fidèles et moins enclins à multiplier les changements de poste
- Polyvalence : Beaucoup cumulent plusieurs compétences (conduite, maintenance, gestion, sécurité…)
Certaines entreprises valorisent désormais ouvertement les candidats plus âgés. Par exemple, le groupe STEF, un des leaders européens du transport sous température dirigée, déclare que « l’âge n’est plus un critère de sélection dès lors que le poste est compatible avec le profil » (STEF).
La SNCF, confrontée elle aussi à la pyramide des âges, a signé des accords paritaires pour adapter les conditions de travail aux seniors et favoriser l’intégration sur les métiers logistiques et techniques (Les Échos).