Panorama de l’emploi après 60 ans en France
Le taux d’emploi des 60-64 ans en France reste parmi les plus faibles d’Europe : selon la DARES, il atteignait 36,2 % en 2022, bien en-deçà de la moyenne européenne (46,6 %). Pourtant, le besoin de poursuivre ou de reprendre une activité après 60 ans concerne de plus en plus de Français, tant pour des raisons économiques que pour le maintien du lien social ou l’envie de s’engager dans de nouveaux projets.
L’allongement de la durée de cotisation pour la retraite et le recul progressif de l’âge légal poussent à revaloriser la place des plus expérimentés sur le marché du travail. Les freins persistent, mais des secteurs ouvrent plus facilement leurs portes, et des dispositifs d’accompagnement existent pour appuyer ces démarches.
Les situations sont diverses : certains souhaitent rester salariés, d’autres envisagent une reconversion, une activité indépendante ou la reprise progressive d’une activité.
Les secteurs qui recrutent activement les profils expérimentés
Où postuler après 60 ans ?
- Services à la personne et santé : aide à domicile, auxiliaire de vie, agent d’entretien, assistant de vie aux familles, secrétaire médical. Les besoins continuent d’augmenter : en 2023, selon Pôle emploi, plus de 350 000 postes dans l’aide à domicile étaient à pourvoir.
- Commerce et grande distribution : caisse, mise en rayon, drive, conseils à la clientèle. Certaines enseignes valorisent l’expérience de la relation client.
- BTP, maintenance, gardiennage : encadrement de chantiers, maintenance des bâtiments, gardien d’immeuble… Les capacités organisationnelles sont recherchées.
- Transport et logistique : chauffeur VL, transport de personnes (notamment TPMR), préparateur de commandes, manutention. Permis de conduire et rigueur font la différence.
- Métiers de l’artisanat et services de proximité : relance des métiers manuels et artisanaux : couture, petits travaux, jardinage, bricolage, maintenance informatique à domicile.
- Animation et formation : animateur en centres, soutien scolaire, formation continue. L’expérience professionnelle devient un atout pédagogique.
Des secteurs publics recrutent également, notamment dans l’enseignement, la surveillance, ou au sein d’administrations territoriales via des contrats courts ou des vacations.
À noter : Malgré la demande, certaines fonctions restent plus fermées du fait de contraintes physiques ou réglementaires. La sélection reste donc attentive aux capacités effectives et à la motivation.
Dispositifs d’accompagnement dédiés aux candidats expérimentés
- Accompagnement renforcé par France Travail (ex Pôle emploi) : les demandeurs d'emploi de plus de 57 ans bénéficient, sous conditions, d’un accompagnement « sénior » avec des conseillers spécialisés, un suivi personnalisé, et de l’aide à la reprise d’activité.
- Bilan de compétences : accessible à tout salarié ou demandeur d’emploi, il permet d'évaluer ses atouts, motivations et points d’évolution vers de nouvelles fonctions. Mobilisable via le CPF (Compte Personnel de Formation).
- Reconnaissance des acquis de l’expérience (VAE) : pour obtenir un diplôme ou une certification sur la base de son expérience professionnelle. Informations sur vae.gouv.fr.
- Ateliers collectifs et coachings ciblés : France Travail, les missions locales et certaines associations (Force Femmes, EGEE, Unis-Cité, etc.) proposent ateliers CV, simulation d’entretien, coaching pour adapter sa candidature après 50 ans.
- Contrat senior et aide à l’embauche : bien que le "contrat senior" ait été supprimé, certains employeurs continuent de bénéficier d’aides à l’embauche des plus de 57 ans ayant droit à l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi). Plus d’infos actualisées via Service-Public.fr.
- Aide à la création ou reprise d’activité : dispositifs tels que l’ACRE (Aide de Création ou Reprise d’Entreprise), peuvent être mobilisés sans limite d’âge.
Conseil : Prendre contact avec France Travail, la mission locale senior, ou un cabinet d’accompagnement référencé pour faire le point sur son parcours et ses droits.
Étapes concrètes pour réussir son retour à l’emploi après 60 ans
- Faire un point global sur sa situation : Identifiez vos motivations, contraintes et disponibilités. Avez-vous besoin d’un temps partiel ? D’un travail moins physique ?
- Actualiser son CV et ses outils de candidature : Valorisez vos expériences récentes, vos savoir-être (gestion de crises, adaptabilité, transmission…). Privilégiez un titre de poste ciblé sur le secteur visé.
- Identifier les employeurs ouverts à l’expérience : Repérez, via les offres sur France Travail, Indeed, et les réseaux professionnels, les secteurs qui mentionnent la recherche de profils expérimentés ou de tuteurs.
- Se former si besoin : Utilisez le CPF ou les offres régionales pour compléter des compétences manquantes (utilisation d’outils numériques, gestes et postures, formation en bureautique…).
- Soigner son réseau : Mobilisez les contacts associatifs, anciens collègues, professionnels de votre ville, groupes LinkedIn dédiés à la recherche d’emploi sénior.
- Solliciter les dispositifs d’accompagnement : Inscrivez-vous à un atelier, demandez un coaching personnalisé ou participez à des salons spécialisés – ex : "Salon Emploi des Séniors" organisé régulièrement à Paris ou en ligne.
- Évaluer la possibilité de démarches cumulées : Certains choisissent de cumuler emploi et retraite progressive, d’autres alternent missions courtes et périodes d’inactivité rémunérées (contrats aidés, intérim, vacations).
Cumul emploi-retraite, retraite progressive et droits sociaux
Travailler après 60 ans ne signifie pas forcément renoncer à une partie des droits à la retraite ou à l’indemnisation chômage :
- Retraite progressive : possible dès 60 ans sous conditions de trimestres cotisés. Elle permet de percevoir une partie de la pension tout en travaillant à temps partiel (au moins 40 % et au plus 80 % d’un temps complet). Informations et démarches sur lassuranceretraite.fr.
- Cumul emploi-retraite : une fois la retraite liquidée à taux plein, il est possible de reprendre une activité sans restriction, mais les nouveaux droits cotisés ne s’ajoutent plus (depuis la réforme 2015).
- Indemnisation ARE après 60 ans : si vous avez validé vos droits avant 62 ans et que vous ne pouvez prétendre à la retraite à taux plein, vos droits Pôle emploi peuvent être prolongés jusqu’à liquidation de la retraite, dans la limite de votre durée d’indemnisation (Demande à faire auprès de France Travail).
| Statut | Conditions | Avantages | Limites |
| Salarié en retraite progressive | Au moins 150 trimestres cotisés, emploi entre 40 % et 80 % d'un temps plein | Cumule part de salaire et retraite partielle, continue à cotiser | Nécessite l'accord de l'employeur |
| Cumul emploi-retraite | Retraite liquidée à taux plein | Pas de plafond de revenus après 62 ans | Droits retraite non réouverts |
| Chômeur de plus de 60 ans | Pas le taux plein, inscription France Travail | Droits ARE prolongés jusqu’à retraite à taux plein | Doit rester inscrit comme demandeur d’emploi |
Créer son activité à 60 ans : opportunités et démarches
Créer sa propre activité après 60 ans est aujourd’hui une option choisie par près de 20 % des nouveaux entrepreneurs (source : INSEE, 2022).
Domaines favoris : conseil, formation, services à la personne, artisanat, commerce de proximité, accompagnement administratif ou social.
Les démarches sont souvent simplifiées grâce au régime micro-entreprise, accessible sans restriction d’âge, et à des dispositifs d’aide :
- ACRE : exonération partielle de cotisations sociales la première année, sous conditions (voir autoentrepreneur.urssaf.fr).
- Conseil en évolution professionnelle (CEP) : accompagnement gratuit et personnalisé par des organismes agréés.
- NACRE : prêt à taux zéro et accompagnement pour la création ou reprise, ouvert à tout nouvel entrepreneur après étude du projet.
Démarches clés :
- Définir son projet (activité, cible, modèle économique).
- Vérifier la compatibilité avec sa situation sociale (cumul possible avec une pension de retraite ou l’ARE).
- Choisir son statut (auto-entrepreneur, société, portage salarial…)
- Solliciter l'accompagnement d’un expert ou d’un réseau spécialisé (ex. : BGE, Chambres de Métiers, France Active).
- Effectuer son inscription en ligne (guichet unique : formalites.entreprises.gouv.fr).
Éviter les pièges : discrimination, santé, maintien du lien social
L’accès à l’emploi à 60 ans reste exposé à la discrimination liée à l’âge. Il est crucial d’anticiper certains points :
- Ne pas mentionner l’âge ou la date de naissance sur le CV (ce n’est pas obligatoire).
- Valoriser l’adaptabilité, la transmission et la méthode plutôt que l'ancienneté seule.
- Anticiper les contraintes de santé en optant, si besoin, pour des bilans médicaux ou un aménagement de poste. Les visites de reprise et de préreprise sont obligatoires après certaines interruptions (source : Ameli.fr).
- Entretenir un réseau social professionnel : le maintien d’une vie active favorise la longévité et le bien-être global (études DARES, 2023).
FAQ : Réponses aux principales questions sur l’emploi à 60 ans
Peut-on être embauché en CDI après 60 ans ?
Oui, il n’y a pas de limite d’âge légale pour un contrat de travail en France. Quelques employeurs restent encore réticents, mais certains valorisent particulièrement l’expérience et la stabilité.
Puis-je conserver mes droits au chômage si je reprends un travail ?
Si vous reprenez un emploi salarié, le versement de l’ARE (aide au retour à l’emploi) peut être suspendu puis repris en cas de nouvelle perte d’emploi, sous réserve de respecter les délais d’inscription.
La formation est-elle possible à 60 ans avec le CPF ?
Oui, le CPF est accessible sans limite d’âge et peut permettre de financer des formations qualifiantes ou de courte durée.
Le cumul emploi-retraite peut-il se faire immédiatement ?
Après liquidation de votre retraite à taux plein (âge variable selon votre génération), vous pouvez reprendre une activité salariée ou indépendante sans plafond de revenus.
Quels dispositifs contacter pour un accompagnement personnalisé ?
France Travail, les missions locales séniors, les cabinets labellisés Conseil en Évolution professionnelle (CEP), les réseaux associatifs (EGEE, Force Femmes, etc.).
Avertissement et sources officielles à consulter
Les informations fournies ici sont d’ordre général et susceptibles d’évoluer. Pour des démarches individuelles et pour vérifier vos droits en temps réel, consultez impérativement les sites officiels : Service-Public.fr, France Travail, Urssaf, lassuranceretraite.fr.
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